DEVOIR DE MEMOIRE : hommage à Monsieur Charles GOTTLIEB – Déplacement à AUSCHWITZ-BIRKENEAU

DEPLACEMENT POLOGNE OK (1)

Alors que je prends l’avion ce jour afin de me rendre en Pologne sur les sites d’Auschwitz-Birkenau accompagné des collégiens du Collège Carnot, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour ce grand Homme que fût Monsieur Charles GOTTLIEB, survivant devenu passeur de mémoire, qui nous a quitté ce vendredi 8 mai à l’âge de 90 ans.

En 1944, déporté à Auschwitz-Birkenau, Charles GOTTLIEB avait refusé de mourir. Pourtant, durant ces longs mois passés dans les camps d’extermination, il côtoya au quotidien la mort et l’enfer.
Il s’est battu contre le froid, la faim, les maladies,
Il s’est battu contre la déshumanisation, contre les atrocités sans nom.
Il a mené un vif combat pour la survie… …

J’avais eu le plaisir et l’honneur d’accueillir Charles GOTTLIEB à Grasse, au Palais des Congrès, à l’occasion d’une conférence à laquelle assistèrent les collégiens grassois des établissements de Saint-Hilaire, Fénelon, et Carnot. Cet amoureux de la vie avait pris le temps de raconter son histoire, de raconter l’Histoire. Sa pédagogie et sa générosité étaient remarquables. Les élèves restèrent silencieux et écoutèrent avec attention son incroyable récit. Ce survivant, comme on les appelle, était devenu le témoin de la Barbarie humaine.
Il avait fait le choix de raconter,
Il avait fait le choix de dire l’indicible, de dire l’inimaginable, de dire l’innommable.
Transmettre aux nouvelles générations un fragment de cette mémoire collective, que certains ont préféré taire tant elle est souffrance, et que d’autres osent aujourd’hui nier, telle était sa Mission.
En douze ans il a effectué une trentaine de voyages de la Mémoire au cours desquels il livra avec cœur, sincérité et authenticité sa terrible expérience.
Les collégiens qui ont eu l’opportunité de partager l’un de ces moments, sont devenus grâce à lui des veilleurs de Mémoire.
Aujourd’hui, en foulant le sol de ces camps de la mort, je tiens à lui rendre un hommage appuyé et attristé.
« Plus jamais ça » disait-il. Nous y veillerons assurément.

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